Comment Maroussia Diaz Verbèke approche-t-elle la notion de circographie, qu'elle a inventée ?
- un langage propre au cirque : historiquement, on est circassien, on a un numéro, et on est aussi metteur en scène / en piste, on interprète et on écrit. Ne peut-il pas y avoir une personne qui ne s'occupe que de la mise en scène, et qui ne soit pas un chorégraphe de danse (comme cela se fait pour les spectacles des écoles de cirque), ni un interprète ? D'où le circographe, l'écrivain du spectacle de cirque.
Quelles sont les particularités de l'écriture du cirque ?
- une écriture par fragments, puisqu'historiquement il y avait une segmentation en numéros.
- le cirque, historiquement, se passait de parole (c'était le privilège des théâtres) > cosmopolitisme, pas de barrière de la langue, populaire, circulation des artistes.
- l'artiste circassien ne joue pas de rôle, il a son identité, pas de fiction.
- le cirque est toujours dans l'ici et le maintenant, la réalité, l'être-ensemble.
- le spectacle de cirque convie souvent le public, l'appelle, le cirque est d'abord un lieu en commun.
- vitesse et virtuosité : chacun circassien dédie son temps à se spécialiser dans quelque chose que personne d'autre ne fait. Il invente son propre art, ses propres techniques.
- légèreté, plaisir du jeu, la clownerie n'est jamais loin ; présence de l'humour ; dimension festive > grand écart entre la peur et le rire.
- depuis la fin du XVIIIe siècle, le cirque s'est développé très vite, mais sans académisation ni théorisation (comme la danse classique par exemple). Un succès trop rapide ? Une histoire qui ne s'est jamais vraiment faite.
Comment Maroussia Diaz Verbèke aborde-t-elle la circographie d'un spectacle avec une compagnie ?
- 1) qu'est-ce qu'il y a déjà ? Quelles sont les contraintes, l'existant.
- 2) qu'est-ce qu'il y a de génial ? Les talents de chacun, et leur rencontre.